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Éducation & Emploi

Savoir-être et savoir-faire : comment équilibrer ces deux piliers pour convaincre les recruteurs

Claire-Lys d'Aubigné 5 min de lecture

Dans un marché du travail en constante mutation, posséder un diplôme ne suffit plus à garantir une progression de carrière. Si la maîtrise technique reste le socle de toute activité, la manière d’interagir, de s’adapter et de gérer ses émotions prend une dimension stratégique. Comprendre la synergie entre le savoir-être et le savoir-faire est indispensable pour décrocher un poste et s’épanouir durablement au sein d’une organisation.

Démystifier les concepts : savoir, savoir-faire et savoir-être

Pour naviguer dans le vocabulaire des ressources humaines, il convient de distinguer trois piliers fondamentaux qui composent le profil d’un collaborateur.

Infographie comparative entre savoir-faire et savoir-être pour le développement professionnel
Infographie comparative entre savoir-faire et savoir-être pour le développement professionnel

Le savoir-faire : l’expertise opérationnelle

Le savoir-faire, souvent appelé hard skills, regroupe les compétences techniques acquises par l’apprentissage ou l’expérience. C’est la capacité à mobiliser des connaissances pour accomplir une tâche précise. Coder en Python, maîtriser une technique de soudure, parler une langue étrangère ou utiliser un logiciel de comptabilité relèvent du savoir-faire. Ces compétences sont tangibles, mesurables et attestées par des diplômes ou des certifications.

Le savoir-être : l’intelligence comportementale

Le savoir-être, ou soft skills, concerne les attitudes et les qualités personnelles. Il s’agit de la manière d’agir en contexte professionnel. L’empathie, la gestion du stress, l’esprit d’équipe ou la ponctualité sont des éléments de savoir-être. Contrairement aux compétences techniques, le savoir-être est plus difficile à quantifier, car il est lié à la personnalité et à l’intelligence émotionnelle de l’individu.

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Le savoir : la base théorique

Le savoir représente les connaissances théoriques pures. C’est le bagage intellectuel, comme l’histoire de l’art, les lois de la thermodynamique ou le droit du travail, qui sert de fondation au savoir-faire. Sans savoir, le savoir-faire manque de profondeur, et sans savoir-faire, le savoir reste abstrait.

Pourquoi les recruteurs privilégient-ils désormais le savoir-être ?

Si le savoir-faire permet d’obtenir un entretien, le savoir-être permet souvent de décrocher le poste. Cette tendance s’explique par l’obsolescence rapide des compétences techniques. Dans le secteur du numérique, un outil appris aujourd’hui peut être dépassé dans deux ans. En revanche, une capacité d’apprentissage rapide et une bonne agilité mentale restent des atouts durables.

Les entreprises cherchent à construire des équipes harmonieuses. Un expert technique brillant mais incapable de communiquer ou de respecter ses collègues peut freiner la productivité globale. À l’inverse, un profil dont les compétences techniques sont en cours d’acquisition mais qui fait preuve de curiosité et d’un excellent esprit d’équipe est perçu comme un investissement prometteur.

Caractéristique Savoir-faire (Hard Skills) Savoir-être (Soft Skills)
Nature Technique, pratique, métier Comportementale, relationnelle
Acquisition Études, formations, pratique Éducation, expérience de vie, coaching
Mesure Tests, diplômes, portfolio Mises en situation, références, tests
Exemples Maîtrise d’Excel, conduite d’engins Adaptabilité, écoute, rigueur

Comment identifier et valoriser ses propres compétences ?

Beaucoup de candidats peinent à définir leurs atouts. L’exercice demande de l’introspection. Analysez vos expériences passées pour déceler les moments où une attitude spécifique a permis de débloquer une situation complexe. Ce n’est pas seulement le résultat technique qui compte, mais le mécanisme comportemental qui l’a soutenu. En observant les interactions quotidiennes, les feedbacks reçus ou les conflits résolus, vous découvrirez des compétences transversales comme la capacité à apaiser des tensions ou à structurer une pensée confuse.

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L’auto-évaluation : un exercice nécessaire

Pour lister vos savoir-faire, reprenez vos fiches de poste et listez les outils, méthodes et langages que vous maîtrisez. Pour vos savoir-être, interrogez-vous sur votre réaction face à l’imprévu : êtes-vous celui qui panique ou celui qui propose des solutions ? Préférez-vous l’analyse de données en solitaire ou le travail en groupe ? Ces réponses dessinent votre profil comportemental.

La méthode STAR pour l’entretien

Pour valoriser vos compétences devant un recruteur, utilisez la méthode STAR (Situation, Tâche, Action, Résultat). Elle permet d’illustrer un savoir-être par un fait concret. Au lieu de dire « Je suis autonome », expliquez : « Lors de mon dernier stage, j’ai dû gérer le départ soudain de mon tuteur. J’ai pris l’initiative d’organiser les priorités de la semaine et de solliciter les interlocuteurs clés, ce qui a permis de livrer le projet en temps voulu. » Ici, l’autonomie devient une preuve.

Développer son savoir-faire et son savoir-être tout au long de la vie

Le développement professionnel est un processus continu qui touche aux deux piliers.

La formation continue pour le savoir-faire

Le savoir-faire s’entretient par la veille technologique et la formation. Que ce soit par des MOOC, des certifications ou l’apprentissage par les pairs, il est crucial de ne pas laisser ses compétences techniques s’éroder. Le monde professionnel valorise les profils « T-shaped » : une expertise profonde dans un domaine alliée à une capacité à collaborer avec d’autres disciplines.

Le coaching et l’expérience pour le savoir-être

Améliorer son savoir-être est un défi intime mais réalisable. Cela passe par le développement de l’intelligence émotionnelle. Travailler son assertivité, apprendre les techniques d’écoute active ou suivre une formation en gestion du temps sont des leviers puissants. Le feedback constructif de la part de managers ou de collègues de confiance est un outil de progression précieux pour ajuster ses comportements.

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L’importance de la culture d’entreprise

L’adéquation entre le savoir-être d’un individu et la culture de l’entreprise est le premier facteur de rétention des talents. Une personne créative et attachée à sa liberté de mouvement pourrait dépérir dans une structure très hiérarchisée, même si elle possède tous les savoir-faire techniques requis.

Avant de postuler, renseignez-vous sur les valeurs de l’organisation. Une entreprise qui prône l’innovation recherchera des profils ayant un fort savoir-être lié à la prise de risque, tandis qu’une administration publique pourra privilégier la rigueur et le respect des protocoles. Aligner son savoir-être avec les attentes de son environnement est la clé d’une collaboration sereine et productive.

Claire-Lys d'Aubigné
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